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3 articles avec politique

Montebourg: le Monsieur "Made in France" est le pire ambassadeur du numérique français qu'on pouvait imaginer

Publié le par Frédéric Montagnon

Montebourg: le Monsieur "Made in France" est le pire ambassadeur du numérique français qu'on pouvait imaginer

La nomination d'Arnaud Montebourg au poste de Ministre de l'Economie, du Redressement Productif et du Numérique a déjà fait couler beaucoup d'encre. L'homme qui a empêché l'acquisition de Dailymotion par Yahoo n'a pas la côte auprès des entrepreneurs, moi le premier.

S'il sait rassembler en France - oui, on peut au moins lui reconnaître ses talents d'orateurs - il est le pire ambassadeur possible de la France à l'international. Ses prises de position sur la scène internationale, qui ne servent que son égo, ont participé activement à alimenter le French Bashing qui n'en finit plus. S'il y a bien une chose dont le pays a besoin, c'est d'un porte parole pour revendiquer ce que la France à de bon.

#keepFleur

J'ai été très critique sur le démarrage de Fleur Pellerin en tant que ministre déléguée au numérique (voir mon article ici): ses prises de position, par exemple sur les publicités Google, ont été très critiquables.

Je pense que Fleur Pellerin a raté l'occasion de se mettre dès le début du côté des créateurs d'entreprises. Elle l'a fait plus tard, et elle est aujourd'hui portée par eux/nous, la preuve en tweets (c'est encore plus parlant qu'en images !)

Montebourg: le Monsieur "Made in France" est le pire ambassadeur du numérique français qu'on pouvait imaginer
Montebourg: le Monsieur "Made in France" est le pire ambassadeur du numérique français qu'on pouvait imaginer
Montebourg: le Monsieur "Made in France" est le pire ambassadeur du numérique français qu'on pouvait imaginer

Une fois la première année passée, l'organisation qui a été mise en place par l'équipe de Fleur Pellerin est devenue efficace et a accouché de beaux projets, par exemple sur le financement participatif. D'une manière ou d'une autre, ils ont participé dans le bon sens à l'incroyable dynamique entrepreneuriale qui existe aujourd'hui en France : de plus en plus de fonds investissent dans les projets français et européens, de nombreux accélérateurs accompagnent les startups, plusieurs entreprises françaises se déploient à l'international, et on compte de plus en plus d'acquisitions de startups françaises. Les startups, l'innovation, le numérique et les petites entreprises sont des sujets qui mettent tout le monde d'accord : c'est le seul véritable ascenseur social qui fonctionne à grande échelle.

Quitte à avoir un Ministère dédié au numérique, autant avoir le/la bon(ne) Ministre !

Certains disent que le numérique est partout et qu'il n'y a pas de raison d'avoir un ministère dédié. Je suis globalement partisan de voir le moins possible l'Etat intervenir sur des sujets comme l'innovation, les startups et le numérique. Le mieux serait d'avoir des règles - notamment en fiscalité - stables, identiques pour tout le monde, a minima alignées sur nos voisins européens. Malheureusement, ce n'est pas le cas.

Mais d'après moi, le sujet est ailleurs: je trouve contre productif de casser une organisation qui, au prix de beaucoup de temps passé, voire perdu, est finalement efficace : dans la mesure où l'Etat s'organise autour des startups et du numérique, autant faire en sorte de capitaliser sur ce qui a déjà été fait plutôt que de tout changer en permanence. D'autant que les liens créés avec l'industrie seront perdus. Que gagne-t-on dans cette réorganisation ?

On ne peut donc que se désoler de voir Fleur Pellerin quitter le Numérique au profit du Commerce Extérieur. Et se désoler de voir Arnaud Montebourg hériter de tout son travail.

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Ce n'est pas la France qui est victime d'un exode, c'est le monde qui s'enrichit en se mélangeant

Publié le par Frédéric Montagnon

Ce n'est pas la France qui est victime d'un exode, c'est le monde qui s'enrichit en se mélangeant

On assiste de plus en plus à un « France bashing » dans les médias, français et internationaux, reprochant à l’écosystème français d’être morose et de pousser les entrepreneurs en dehors de ses frontières. Dans cet article du New York Times, un entrepreneur français basé à Londres déclare : « En France, le sentiment de déprime est de plus en plus profond. L’économie va mal et si on veut monter son propre business, l’environnement n’est pas propice ». D’après l’article, les tentatives de François Hollande et Fleur Pellerin de redorer le blason français ne suffisent pas à « fermer le robinet » des entrepreneurs en exil. Selon moi, ce n’est pas une mauvaise nouvelle.

La France n’est pas victime d’un exode, la mobilité augmente à l’échelle mondiale

Plutôt que de prendre pour exemple le cas d’un individu basé à Londres, je me suis penché sur les chiffres. En 10 ans, le nombre d’expatriés français pour des motifs entrepreneuriaux est passé de 10 à 18% et au global, le volume d’expatriés augmente 7 fois plus vite que la population française comme je l’avais déjà souligné. Il est indéniable que les obstacles fiscaux à l’entrepreneuriat existent et que les chiffres de l’expatriation ont connu un pic après l’élection de François Hollande.

Cela étant, selon moi, plutôt que de pointer un "brain drain" français, l’article du New York Times aurait mieux fait de prendre un peu de hauteur et d'écrire comment et pourquoi la mobilité augmente à l'échelle du monde.

En réalité, le nombre d’expatriés est en croissance de 2,6% depuis 2009, partout dans le monde, et devrait continuer d’augmenter pour atteindre près de 57 millions en 2017. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette croissance dans la mobilité ne concerne pas que les migrations des pays en voie de développement vers les pays développés mais aussi la mobilité depuis les pays développés. Le pays de l’OCDE qui compte le plus d’expatriés est d’ailleurs… la Grande Bretagne – où est venu se « réfugier » l’entrepreneur cité dans le New York Times - avec 3 millions de britanniques vivant à travers le monde.

Mêmes aux USA, pourtant terre d’accueil rêvée historique - elle compte 38 millions d’expatriés, on s'inquiète du nombre de citoyens qui renoncent à la nationalité américaine ces temps ci. Ce qui se passe en ce moment est bien plus intéressant qu’un « brain drain » français : c'est un brassage mondial qui s'opère et qui s'accélère au fil des années.

Le mélange, source de richesse, doit au contraire être une priorité pour la France

Je pense que l'augmentation de la mobilité est une excellente nouvelle. Comme en biologie, les mélanges sont source de richesse. Ils permettent la transmission du savoir, des compétences, et sont à la source même de l’innovation. La mobilité est un facteur fondamental pour la croissance, une préoccupation particulièrement importante en ces temps de morosité économique.

Le vrai challenge pour la France - et pour tous les pays d'ailleurs - n'est pas de réduire le nombre de ses expats, mais est de trouver le moyen d'attirer plus de talents étrangers. La Silicon Valley l’a d’ailleurs bien compris en faisant des politiques favorisant l’immigration de profils « techniciens » une de ses priorités dès 2012. Les gens vont choisir de plus en plus l'endroit où ils s'établissent en fonction de ce que le pays a à proposer : des opportunités professionnelles et une qualité de vie.

Du point de vue économique : la France est le 4ème pays à recevoir le plus d'investissement étrangers après les USA, la Chine et l'Angleterre. Du point de vue de la qualité de vie, la France est déjà très bien placée dans l'Expat Explorer d'HSBC, 51% des interrogés déclarent apprécier la richesse culturelle et la qualité de vie qu’offre la France. Du point de vue de l’éducation, la réputation de la France n’est plus à refaire. Plus de 20% du budget de l’Etat est alloué à l’éducation, l’enseignement et la recherche. Le résultat : des universités toujours bien placées aux classements de référence (Shanghai, Financial Times, Times Higher, European Report on Science and Technologies…)

Pourtant le problème de la France est bien un problème de communication : la France a beaucoup à proposer, reste que son offre est très mal communiquée, surtout en ce moment. Elle a besoin d’un bon directeur marketing qui rende plus claire son offre et la fasse mieux connaître à l’étranger. De la même façon que les écoles et universités, perçues comme les meilleures, attirent mécaniquement les meilleurs talents, la France doit devenir plus attractive.

Publié dans Article, startup, Politique

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Libé, comme les autres quotidiens, ne sait pas ce qu'il a à vendre, et c’est ce qui va le tuer

Publié le par Frédéric Montagnon

Libé, comme les autres quotidiens, ne sait pas ce qu'il a à vendre, et c’est ce qui va le tuer

Je n’ai généralement pas une grande affinité idéologique avec les thèses qui sont défendues dans Libération. Cela dit, je respecte le point de vue, et je pense qu’il serait dommageable pour la démocratie que ce journal disparaisse. C’est ce qui risque pourtant d’arriver étant donné la santé financière de cette entreprise.

Plutôt que de tirer gratuitement sur l’ambulance, je me permets ces quelques lignes, avec mon angle digital:

Le papier ne suffit plus à financer une rédaction

Lorsque l'on regarde les chiffres de l’OJD sur décembre, Libé s’est vendu en moyenne à 103 000 exemplaires par jour, dont 31 000 achetés en kiosque, 10 400 en version numérique et 25 000 abonnés. Le reste étant acheté par des hôtels, compagnies aériennes, et tout ce qui permet de gonfler les chiffres des ventes (ils le font tous). Nous voilà donc à un peu moins de 2 exemplaires réellement vendus par commune chaque jour.

Chaque année, les ventes de papier se dégradent pour les quotidiens, et il n’y a aucune raison que la courbe s'inverse. On ne va pas blâmer Libé pour ça, la France passe infiniment plus de temps devant des écrans que devant du papier lorsqu’il s’agit de s’informer.

Et l'objet ? Un journal n'est ni beau, ni pratique. Son contenu est en parti périmé quand il arrive entre vos main et l'encre tache.

D'autre part, ce modèle est déjà archi subventionné (distribution en kiosque, livraison à domicile), et vu les finances de l’état, cette part du financement ne peut que baisser.

Bref, c’est sur le net que ça se passe, en 2014.

Le digital se porte bien, lui...

A coté de cette faible distribution papier, Nielsen/Mediametrie nous apprend que 3 481 000 personnes se sont rendus sur le site de Libé au mois de décembre. Performance doublée en 5 ans ! Il n’y a jamais eu autant de lecteurs de Libération, et la meme chose est vraie pour toute la presse en général depuis qu’elle est en ligne. Pourtant les revenus tirés de la vente en ligne restent anecdotiques, et ce n'est bien sûr pas la pub qui permet au journal de vivre.

Les gens, sur le web, ne seraient pas prêt à payer ? Je pense le contraire. Mais en l’état, comprend-t-on seulement que le journal en a besoin ? Peut on simplement acheter ou donner quelque chose pour participer ? De mon point de vue, c'est là que ça bloque.

Mais il faut repenser le positionnement et la manière de se financer

Il y a déjà trop de contenu qualitatif et gratuit, alors pourquoi payer ?

Payer pour du contenu d'actualité et d'opinion en ligne est une démarche plus proche du mécénat que de l’acte de consommation. Je pense qu'il faut repenser ce que les journaux comme Libération ont à vendre. Il ne s'agit pas de vendre du contenu, il s'agit de réunir des fonds pour permettre au journal d'exister, pour défendre ses idées. Finalement, ce ne sont pas des clients qu'ils doivent chercher, mais des gens qui adhèrent à leurs idées et qui sont prêt à les financer pour que le journal les défendent. Il s'agit de faire payer pour que le journal ait les moyens de faire connaitre des idées auxquelles on adhère.

Se pose alors un problème de savoir faire et de culture. Il y a des gens qui savent donner envie: ils travaillent pour des ONG, dans le luxe, dans la mode, dans l’e-commerce, dans le gaming, dans le crowd funding. Il faut les embaucher, s'imprégner de leur culture. Ils savent comment on met en valeur ce qui est réservé aux membres d'un club, pour donner envie à ceux qui n'y sont pas encore. Ils savent comment on crée un lien fort en humanisant une marque. D’ailleurs, qui sont les journalistes de Libé ? Sur le site, ils n’ont ni visage, ni caractère, ni CV.

Serait-ce dégradant de marquer clairement sur toutes les pages « Libé a besoin de vous pour exister, faites parti de ceux qui le font vivre » ? Wikipédia le fait, ça fonctionne.

Finalement, avoir existé en version papier est un handicap. Ils sont convaincus qu'ils vendent un produit. Maintenant que le support a disparu, il est normal que la vente d'une édition n'ait plus de sens.

Il faudrait que les journalistes et les journaux retrouvent leur panache, la noblesse de leur métier et leur vocation: Vous ne travaillez pas pour vendre des pages. Vous travaillez pour informer, donner une image du monde qui nous entoure et instruire. Si c'est bien ça, alors il faut le dire et demander simplement de l'aide à ceux qui vous trouvent utiles.

PS: Je n'ai pas abordé le problème technique du paiement en ligne, là tout est à revoir. De bout en bout j’ai mis 8 minutes et 6 écrans pour accéder aux contenus payants de Libé, pour finalement bénéficier d'un PDF quasiment illisible sur un écran. Sans compter que je ne peux pas lire depuis mon iPad puisque l'app n'est pas disponible en dehors de l'appstore français. Mais ça me semble, finalement, secondaire.

Publié dans Article, Media, Politique

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