Pourquoi Google va inévitablement continuer à grossir?

Publié le par Frédéric Montagnon

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Quelle est la force principale de Google pour aborder l'avenir?

La puissance de sa marque? Sa capacité à générer du cash flow? Son audience? Sa capacité à recruter les meilleurs profils ou sa capacité d'acquisition?
En réalité, je pense que le vrai capital de google pour les années qui viennent, c'est son infrastructure technique. Ce sont ces centaines de milliers de serveurs installés dans le monde entiers qui à eux seuls représentent plusieures années de travail d'installation, de négociation de contrats d'achat d'électricité et de bande passante, de réglage et de savoir faire dans la gestion d'un parc aussi important. Pourquoi est-ce si stratégique? Car la plateforme que constitue cette infrastructure est versatile. Google fait du cloud computing depuis ses débuts. Google peut lancer n'importe quelle application en un instant et dans le monde entier à partir de cette plate-forme, tout en continuant à mutualiser les coûts d'exploitation de ces services pour les faire baisser. Finalement, plus Google propose de service différents, plus il baisse ses coûts et augmente leur qualité.

Des barrières techniques effondrées

Des services comme Gmail, Youtube ou Google Maps ne pourraient pas exister sans un tel support, et n'aurait jamais eu une croissance aussi rapide si le hardware n'avait pas été installé bien à l'avance. Facebook, Twitter, en son temps Myspace, etc... dépensent une partie extrêmement importante de ressources à gérer la montée en charge de leur service. A notre petite échèle, nous avons connu exactement le même problème sur Overblog les 3 premières années. Pour Google cette question n'est plus centrale. C'est un avantage sans équivalent, et le déploiement est aujourd'hui une chose simple à réaliser.

Son monopole est dangereux, mais efficace pour l'utilisateur...


Internet est un réseau de machine? Oui. Et la force de Google, est de posséder une part significative de ce réseau. Les puristes voudraient un internet décentralisé, libre, où chacun hébergerait ses propres données. Mais cet internet là serait lent, chaotique, très loin des niveaux de qualité qu'impose Google avec ses services, et surtout ne permettrait pas de traiter l'information dans une échelle de temps qui est celle que nous connaissons aujourd'hui.

Bientôt opérateur téléphonique global

La mise en application du réseau Google dans le cadre des communications voix est probablement son projet de diversification le plus cohérent, et l'exemple d'application le plus clair des possibilités de sa plateforme. Voilà un moment que Google travail à devenir un opérateur voix (acquisition de Grand Central et Gizmo5 par exemple). Ce sera probablement un succès très bientôt. Google possédant une infrastructure distribuée dans tous les gros points d'accès du réseau Internet, il sera simple pour lui d'acheminer de la VoIP d'un bout à l'autre de la planète sans avoir à tirer le moindre câble, en maitrisant les temps de propagation, et pour un coût inédit. Et c'est évidemment ce qu'il annonce ces jours ci.

Et puis vient ensuite l'intrusion de Google sur le marché des système d'exploitation qui accelerera probablement ce mouvement de concentration vers son infrastructure. La logique veut qu'en effet le "système d'exploitation" tel que nous le connaissons aujourd'hui disparaisse au profit d'un "système d'accès" à des services. C'est le vieux rêve du network computer qui refait surface maintenant que le réseau est pret pour rendre ce concept possible, et Google est pour le moment le seul à pouvoir le déployer dès aujourd'hui.


Je ne trouve pas de point de comparaison, depuis la révolution industrielle, avec la position que prend actuellement Google dans le monde entier. Les exemples qui s'en rapprochent le plus appartiennent au marché de l'energie, mais ils sont régulés par les états. Google ne l'est pas.

Lorsque l'on travaille sur des technos web, la meilleure assurance que l'on puisse s'offrir contre les domages collatéraux lié au développement tous azimuts de Google, c'est l'achat d'actions Google :) Les financiers appelent ça "couvrir son risque"!

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Eric 10/01/2010 02:57


Effectivement le cloud computing est indispensable maintenant que l'on est rentré dans le minitel 2.0


Benoit Rottembourg 31/12/2009 19:54


Au delà de la marque, et de la barrière d'entrée phénoménale que tu mentionnes en effet, il y a un autre actif, qui devient de plus en plus perceptible : la connaissance "client".
Juste un zest : google flu trends. Pour le prix de quelques algorithmes Google a réussi à fournir une vision "consolidée" de l'information sur la propagation de l'épidémie de grippe A, donc à un
coût négligeable par rapport à celui d'un réseau mondial de médecin (type Grog).
En déclinant ce type d'approche sur des verticaux de consommation, Google sera à même de mesurer le poul de segment de la population face à tel ou tel phénomène. Cette mesure vaudra à la fois
prévision de consommation et aide à la segmentation de la cible, donc une machinerie fantastique à créer d'autres business.


Guillaume Boschini 31/12/2009 11:47


Pour te paraphraser, le cout marginal des services proposés est effectivement très faible pour google, alors que le ticket d'entrée pour venir jouer avec lui est de plus en plus cher .
D'où la réflexion suivante (qui vaut ce qu'elle vaut): je me demande si au final l'activité d' "organisation de l'information à l'échelle mondiale et sa mise à portée de tous" ne va pas conduire à
une position de monopole naturel, comme on peut le voir sur des activités industrielles type transport ferrovière, nucléaire, eau.
Je pense que c'est envisageable dans la mesure où le coût d'entrée pour venir concurrencer Google sur cette activité sera de plus en plus élevé au fur et à mesure qu'il déploiera de nouveaux
services.
Si c'est le cas, on pourrait alors envisager dans l'avenir une intervention de l'Etat pour réguler "au nom de l'intérêt général" comme il le fait sur les autres marchés précédemment cités. La
différence c'est que les dits marchés portent sur des activités industrielles, non de service, et qu'ils sont locaux/nationaux, d'où une situation inédite ?.


Frédéric Montagnon 31/12/2009 11:54



Oui. Et je ne vois pas comment on peut réguler quelque chose qui est gratuit, et qui se diffuse librement. On peut comparer ça à la pollution ou à la consommation des ressources naturelles: ce
qui est fait localement a un impact mondial, et la régulation est loin d'être évidente :)



Romain Cherchi 31/12/2009 11:04


Excellente analyse !

Très bonne année 2010 et meilleurs vœux.


Laurent Raufaste 31/12/2009 10:15


"où sa capacité" -> "ou sa capacité"