Gîte Story: Une non-expérience sur le web depuis le Périgord

Publié le par Frédéric Montagnon

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Lu dans Libération cette semaine: «Gîte Story» pour journalistes, "Enfermés pendant cinq jours, ils n’auront que Twitter et Facebook pour s’informer."

"Cinq journalistes de radios francophones (Radio Canada, France Inter, France Info, la RTS et la RTBF), qui vont s’enfermer pendant cinq jours dans un gîte rural du Périgord (...) Ni télé, ni radio, ni journaux, ni dépêches d’agences. Seul accès à l’actu : le site de microblogging Twitter et le réseau social Facebook.
(...) L'expérience a pour but de mesurer la valeur des infos diffusées sur les réseaux sociaux.
Ils pourront cliquer sur les liens mis en ligne sur Twitter et Facebook (...) Et interdiction, bien sûr, de surfer sur le reste d’Internet."


On serait mieux informé en habitant à coté de la maison de la radio à Paris que dans un gîte rural dans le Périgors? Sourire. Tant mieux pour eux, c'est toujours sympa de se faire offrir des vacances.
Mais que vont ils observer? Simplement ce que leurs réseaux de contacts vont partager avec eux sur Facebook et Twitter. Le test qu'ils vont faire n'aura de valeur que pour eux, le résultat ne pourra pas être généralisé. Etre journaliste, c'est avoir le réseau de contacts d'un journaliste. On peut imaginer que la majeure partie de leurs contacts sont communs, ils vont donc tirer les mêmes conclusions. En revanche, un ado de 15 ans n'aura absolument pas le même type de contacts et les conclusions qu'ils vont faire de cette expérience ne les concernera pas.

En l'occurence, je prends le pari qu'ils ne vont rien manquer de l'actualité car ils sont entourés d'informateurs et d'autres pros de l'info, et ils pourront en conclure que Facebook et Twitter leur "suffisent" pour couvrir l'actualité. La réalité est que les contenus ne sont ni sur Twitter, ni sur Facebook qui ne sont que des canaux de diffusion.

La question qu'ils voulaient peut-être poser au travers de cette expérience est celle de la valeur de la séléction éditoriale d'un magazine par rapport aux recommandations faites sur les réseaux sociaux? Pour y répondre correctement, il faudrait prendre un large panel d'utilisateurs.
J'ai la conviction que globalement, les réseaux sociaux ne font qu'amplifier les mises en valeurs éditoriales. 

Je trouve dommageable la sur-médiatisation faite de Twitter en France. Twitter ne représente quasiment rien sur le térritoire alors que tous les médias en parlent sans arrêt depuis un an. Beaucoup d'autres entreprises mériteraient bien qu'on parle d'elles en attendant...

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Arnold 05/02/2010 08:48


Je n'y avais pas pensé, mais vous avez raison effectivement raison sur ces failles dans l'approche de l'expérience ! Les journalistes ont beau dire qu'ils ont essayé de constituer un réseau
représentatif (en quelques heures), je reste sceptique sur leur capacité à le faire.
Comme je l'ai dit sur Crowded.fr, j'ai bien peur que tout ceci ne mène à une dérive rhétorique menant à décrédibiliser internet.